"L'OM rien que l'OM"


L'OM rien que lOM
L'OM rien que lOM

L'OM rien que l'OM


Beaucoup d’enfants rêvent du Real, du Bayern, du Barça, de Manchester… eh bien moi, je rêvais de l’OM. Je suis né à Marseille et comme toutes personnes nées ici, le club est ancré en moi. Un sentiment, un attachement renforcé par le fait que mon père Bruno y a joué durant sa carrière, traversant l’une des périodes les plus prestigieuses de l’histoire olympienne. Si ce n’est la plus belle.
J’ai passé les premières années de mon enfance dans cette ville, papa m’emmenait parfois à l’entraînement au Vélodrome, les lendemains de matchs ; c’était le temps des Carlos Mozer,  Chris Waddle, Jean-Pierre Papin…  Je gambadais au milieu de ce florilège de stars.  Et même si finalement je n’y ai pas vraiment beaucoup vécu, seulement trois ou quatre ans je crois, je me suis toujours senti Marseillais. Pour moi, l’OM est une grande passion, autant pour ce que ce club représentait pour que les joueurs qui y ont évolué chaque saison. Et ça se manifestait tout simplement comme pour tous les jeunes supporters, par la décoration de ma chambre en bleu et blanc, tapissée de posters ou quand j’allais à l’entraînement vêtu d’un maillot de l’OM, que ce soit à l’ASPTT Orléans, à l’USO (US Orléans) ou dans la cour d’école.

« Quand nous jouions au foot pendant la récréation, je me prenais pour un joueur de l’OM. »

Valère Germain enfant

A chaque anniversaire ou à chaque Noël, je demandais comme cadeau le maillot de l’OM, comme ça je pouvais aller à l’entraînement avec ma tenue, j’étais trop fier. Mes parents l’étaient tout autant. Il faut dire qu’à la maison, l’OM revenait souvent dans les discussions car mon père a été marqué à vie. Il y a vécu ses plus  belles années de footballeur professionnel marquées par plusieurs trophées et par des événements légendaires. Du coup, pas question de manquer un match à la télévision, c’était bien quand on gagnait car le lendemain j’arrivais à l’école super fier, trop content ; par contre, qu’est-ce que je me faisais chambrer après une défaite… Car il n’y avait pas que des fans de l’OM autour dans ma classe. Heureusement, ce n’était pas très souvent. J’ai des souvenirs de l’épopée européenne  de la saison 1998/99 avec les Christophe Dugarry, Florian Maurice, Laurent Blanc, Fabrizio Ravanelli… Qui s’est achevée en finale de la Coupe UEFA (1999) par une défaite contre le club de Parme (3-0). J’avais sept ou huit ans à cette époque. Les premiers faits marquants de supporter que je peux décrire, remontent au début des années 2000. J’ai en mémoire quelques exploits de l’équipe de Didier Drogba pour lequel j’éprouvais une grande admiration au point d’avoir son poster sur les murs de ma chambre d’enfant à Orléans.

D’Orléans à Göteborg…


Cette saison-là, j’ai eu la chance de faire quelques déplacements, notamment européens, avec mon père. C’était énorme.  J’étais présent par exemple à Newcastle en demi-finale aller (22 avril 2004), l’OM avait obtenu un 0-0. J’étais aussi à Göteborg pour la finale (19 mai 2004) perdue contre les Espagnols de Valence (2-0). Une rencontre perturbée d’entrée par le carton rouge infligé à Fabien Barthez par l’arbitre italien Pierluigi Collina.

« Collina nous a tués ! »

Je me souviens que dans la tribune, avec les anciens joueurs du club invités lors de cette finale, nous étions tellement déçus de la tournure du match que nous avions repris en cœur les paroles chantées par les supporters :  « Et Collina, et Collina, et Collina, c’est un…  Et Collina, c’est un… ».

A ce moment-là, j’étais complément dedans. A fond. Je vivais pleinement ma passion. J’étais très heureux d’y être, d’assister à cette quatrième finale de l’histoire du club, même si comme tous les Marseillais qui avaient fait le déplacement en Suède, j’aurais préféré que le score final soit différent. En grandissant, je m’affirme aussi sur le terrain.

Après l’USO, je rejoins le centre de préformation de Châteauroux, j’y reste une année. Au bout de six mois, je m’engage avec l’AS Monaco que nous avions choisi pour ses résultats avec les jeunes. Quelques temps après, j’apprends que l’OM était intéressé. Mon club me voulait. La haine. En fait, au printemps, je dispute avec Châteauroux la Coupe nationale des U14 sous le regard de mon père, présent comme beaucoup de parents et de… José Anigo. Ce jour-là, José Anigo donc, qui était directeur sportif à ce moment-là, apprécie mon profil et mes qualités et souhaite que je vienne à Marseille. Il en parle avec mon père qui lui dit que, malheureusement, je venais de signer en  Principauté. Papa, qui est plutôt discret et qui se tenait en retrait de mon parcours, lui confie que, par respect, ce n’était pas à lui à faire le premier pas. Malencontreusement pour moi. Quand j’ai appris ça, j’étais très déçu car j’aurais pu porter le maillot de mon club, même si je connaissais la réputation du centre de formation de Monaco. Dommage.
Je peux avouer aujourd’hui que si cette opportunité s’était présentée en même temps, j’aurais sans doute privilégié le choix du cœur.

28

Ans

48

Matchs

16

Buts

De père en fils


Finalement, j’ai patienté quelques années avant de pouvoir réaliser mon rêve d’enfant. Mais je sais aussi que c’était le bon moment pour venir ici à Marseille, après la saison que je viens de faire avec Monaco. Je sais aussi que si je n’avais pas joué dans ce club, il m’aurait manqué quelque chose dans ma carrière. D’autant plus qu’aujourd’hui, quand j’arrive tous les matins à l’entraînement, je suis à la fois ému et fier de constater que je fais le même chemin que mon père. Que trente ans plus tard, j’ai la même vie que lui. Que je porte le même maillot, avec la même satisfaction. Que je m’entraîne sur les mêmes terrains et que je joue dans le même stade. C’est tout ceci qui rend notre relation encore plus forte, encore plus complice, mais qui, paradoxalement, lui provoque peut-être un peu plus de stress quand il regarde nos matchs aujourd’hui que quand il jouait il y a trente ans. Mon père a eu la chance d’évoluer dans l’une des plus belles équipes de l’histoire du club, de gagner beaucoup de trophées, de vivre d’immenses joies. Il m’en parle de temps en temps, notamment quand je lui pose des questions.

Germain et son papa

« Tu passeras le bonjour à ton père ! »

Parfois, on m’interpelle en ville, on me dit : « J’avais fait la photo avec ton père, bravo pour ce que tu fais, tu nous fais plaisir ! » ou encore « Tu passeras le bonjour à ton père, il nous a régalés à l’époque ! ». Sans doute comme pour les frères Ayew (André et Jordan), j’ai eu la chance que mon père, avec Abedi Pelé d’ailleurs, fasse partie d’une équipe rayonnante, qui gagnait tout. Et revoir le nom de Germain, comme celui d’Ayew, réveille pour les supporters de très bons souvenirs et suscite beaucoup d’affection, de bienveillance et de sympathie. Il y a beaucoup d’attente ici, mais je savais que ça se passerait bien même quand j’ai traversé quelques semaines sans marquer.

Interview Valère Germain

Ganay, titre, Vieux-Port !


Quand j’étais au centre de formation de Monaco, avant de passer professionnel, nous étions quelques-uns à supporter l’OM. Nous nous réunissions régulièrement pour regarder les matchs ensemble. Il arrivait même que nous venions à Marseille, pour assister aux rencontres de Ligue des Champions programmées le mardi ou le mercredi soir. Nous partions directement après l’entraînement, avec l’accord de notre coach d’ailleurs. Dans ce Stade Vélodrome, nous étions parfois en virages, en Ganay ou en Jean-Bouin, ça dépendait.

« Heinze, Niang, Lucho… C’était de la folie »

Le soir du titre de champion de France en 2010, nous étions aussi présents. Je me souviens car nous avions acheté nos billets pour ce match plus de deux semaines avant, ainsi nous espérions vraiment que l’OM ne soit pas sacré champion avant cette soirée. Nous étions cinq ou six copains, certains étaient en virage. Moi, avec d’autres, étions en Ganay. La pluie était apparue en deuxième période, mais l’OM s’était imposé grâce à deux buts de Mamadou Niang et Lucho (3-1).

C’était magique, l’OM n’avait plus été champion de France depuis si longtemps, c’était de la folie ! Certes cette équipe avait remporté la Coupe de la Ligue quelques semaines auparavant, mais quelle émotion ce soir-là !

Nous avions terminé la soirée sur le Vieux-Port pour fêter ce titre…

Valère Germain

© Helios Image/ OM © Photos d’archive :collection privée

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